Co-workers, Beyond Disaster

 Anticiper le désastre nous permettrait-il de vivre mieux ?

Première visite dans ce petit centre d’art discret, caché entre deux murs de l’université Paris Diderot : Bétonsalon. Par le désir de réunir l’art et la recherche, cet espace interroge notre société. Lieu sans prétention par la taille ni par les oeuvres de l’exposition ‘Coworkers, Beyond Disaster’ dont l’économie de moyen est évidente. Cependant, les installations, vidéos et photographies laissent derrière eux de forts questionnements dont il est difficile de faire abstraction.

Beyond Disaster ou comment penser le désastre puisque nous sommes dedans ? S’inscrivant à merveille dans notre présent, les oeuvres nous laissent sans voix malgré leur dimension fictive. Le désastre pourrait apparaître lointain et ironique mais il s’impose finalement de manière brutale et figurative. L’ampleur du message est trop forte pour laisser place aux hésitations.

Aussi diverses qu’elles soient, chaque oeuvre invite le visiteur à reconsidérer ses émotions en réfléchissant à sa relation avec notre univers machinisé. L’objectif est de mesurer les avantages d’une interconnexion face à la perte de contrôle de l’homme. Les artistes exposés ne se contentent pas de dénoncer les dysfonctionnements de nos sociétés mais questionnent la faculté de l’humain à repenser notre monde.

Co-workers porte bien son nom puisque le discours des oeuvres est plus poignant lorsqu’elles sont réunies. Ce travail co-llectif prend alors sens par son hétéroclisme, permettant une portée plus lointaine. Compte-tenu de la gravité des mécanismes dans lesquels nous vivons, il est primordial de faire circuler un message limpide, invitant à réfléchir.

Une oeuvre particulièrement subversive est une vidéo de durée illimitée, visuellement abstraite s’apparentant à de la matière végétale pixélisée en mouvement. Se renouvelant à l’infini, l’image n’est jamais la même. Autrement dit, le créateur peut disparaître, son oeuvre se régénèrera dans le temps. La machine prend ainsi le contrôle sur l’humain. Quelle valeur donner à l’acte de création si celui-ci n’est plus éphémère où sous l’emprise d’algorithmes permettant son maintien ?

Face à cette vidéo, l’émotion immédiate pourrait tendre vers l’optimisme et légitimerait le progrès technique. Cependant, la frustration nous envahit rapidement, conscients des impacts nocifs de cette supposée évolution. Co-workers : Beyond Disaster nous met ainsi devant le fait accompli. Sans mettre en place une scénographie débordante, les artistes de l’exposition transmettent un message fort qui nous concerne tous. Nous amenant à repenser nos technologies, la subtilité de l’exposition est à applaudir.

Céline Quintin

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s