La station Trinité – d’Estienne d’Orves retrouve son look des années 1950

« Ici, nous réalisons des travaux d’installations. » Voici la phrase que vous pourrez voir si vous descendez les escaliers de la bouche de métro Trinité – d’Estiennes d’Orves, ligne 12. Jusqu’ici rien de sexy. On s’attend même à devoir esquiver un amas d’outils ou faire attention à ne pas s’appuyer sur un pan de mur qui laisserait de mauvaises traces blanches sur notre manteau. Pas du tout ! C’est une charmante surprise qui nous attend sur les quais. On contemple le look rétro du lieu où les arcs muraux sont ornés d’affiches qui datent des années 1950. Si certains espaces ne sont recouverts que de fragments d’images, d’autres s’en sortent mieux et nous laissent entrevoir des affiches presque dans leur intégralité.

© Céline Quintin

© Céline Quintin

Au début du XXe siècle, deux compagnies se disputent les chemins de fer souterrains parisiens : l’une privée (Nord-Sud), l’autre publique (Métropolitain). Afin de se distinguer, les stations des trois lignes de la société Nord-Sud sont plus élégantes : carrelage mural taillé, directions sur les frontons des tunnels et voûtes plus grandes. Mais la nationalisation du réseau en 1948, qui crée alors la RATP, entraîne l’uniformisation de soixante-treize stations. Celles-ci sont par conséquent recouvertes d’une nouvelle peau métallique, optimale pour la mise en place de panneaux publicitaires. Les inscriptions qui se trouvent derrière le mur de métal de Trinité – d’Estiennes d’Orves n’ont donc pas bougé depuis cette époque.

© Céline Quintin

On a la sensation de se retrouver face à de vieux trésors qui nous racontent l’histoire du métro parisien à travers de petits détails poétiques. Comme cette expression « autobus de nuit » qui désignait ce que nous appelons aujourd’hui les Noctiliens. On s’amuse également à observer la liste des condamnations qui décourageaient certainement les usagers mal intentionnés de l’époque. Arsenal, Saint-Martin ou encore Croix-Rouge sont des noms de stations qui ont aujourd’hui disparu. Si vous souhaitez vivre ce mini-voyage dans le temps, prenez la ligne 12 et arrêtez-vous à Trinité – d’Estiennes d’Orves car les travaux ne vont pas durer éternellement.

© Céline Quintin

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Céline Quintin

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