Gorgés de dérision et de justesse, les dessins d’Adrià Fruitós habillent la presse

Jusqu’au 23 septembre, la Slow Gallery (Paris 11ème) adopte une posture engagée à travers son exposition EN PRESSE. Celle-ci dévoile le travail d’Adrià Fruitós, jeune dessinateur de presse prisé par les plus célèbres journaux et magazines internationaux. Découverte d’une cinquantaine de ses illustrations qui font souffler un vent subversif fortement apprécié en ce début de rentrée.

Aller droit au but

Littérature, politique ou écologie, les dessins d’Adrià ne laissent aucun thème de côté. Et c’est aussi bien la presse nationale qu’internationale qui le réclame, de l’hebdomadaire allemand Die Zeit aux Inrocks en passant par Le Monde. Il faut dire que l’artiste sait mettre en image l’actualité avec dérision et efficacité. Cet humour noir attire puisqu’il pointe du doigt, sans faux-semblant, les dérèglements mondiaux.

© Céline Quintin / Maze

Un jeu avec les symboles

En touchant l’imaginaire collectif de façon ingénieuse, l’illustrateur offre au spectateur une lecture immédiate de ses revendications. D’un rapide coup d’oeil s’échappent alors des messages forts, pertinents mais surtout riches de sens. Donald Trump dévorant une boule de glace en forme de mappemonde, un nuage de fumée noire s’échappant de la torche de la statue de la Liberté ou un drapeau américain prenant l’apparence d’un Tétris décomposé, les idées exprimées sont entièrement explicites. Par l’emploi de symboles, il dénonce sans filtre les failles de notre époque. Ce langage imagé à sens unique est fortement convoité par le monde de la presse, friand de visuels performants pour accompagner leurs lignes.

©Adrià Fruitós pour le Die Zeit en juin dernier

© Céline Quintin / Maze

Des récits visuels remplis de douceur

Le plus remarquable reste le caractère poétique de cette visite face à la gravité des thématiques. Pouvoir du numérique, réchauffement climatique ou conflits géopolitiques, par quels moyens Adrià apporte t-il une pointe de douceur ?  Grâce aux couleurs lumineuses et aux petits formats qui créent une intimité avec son observateur. Entre candeur et véhémence, le  public prend conscience du panorama vivement sarcastique de l’exposition.

Un esthétisme incontestablement maitrisé

Talentueux sur le fond mais également sur la forme, Adrià manie avec brio l’espace de ses compositions. Les couleurs contrastées et la disposition des symboles s’épousent pour mettre à nu ses revendications. D’un coup de crayon, une pointe de magie opère laissant prendre vie la métaphore. Une pertinence graphique à applaudir pour ce jeune dessinateur de presse. Plus d’hésitation : dêpéchez-vous d’aller admirer l’exposition avant qu’elle ne s’achève le 23 septembre !

Adolf Wölfli, l’artiste schizophrène qui repoussait les limites de la création

Il est courant de coller une étiquette à l’artiste. Celle du créatif incompris, en marge de la société dont le caractère frôle la folie. Mais ces préjugés ne datent pas d’hier. D’où viennent-ils ? Et qui est Adolf Wölfli, artiste fou des XIXe et XXe siècles, dont l’œuvre reste trop inconnue aujourd’hui ?

Les liens entre art et folie sont explorés par les romantiques du XIXe siècle. Il faut toutefois attendre le début du XXe pour que l’on s’y intéresse réellement. Pablo Picasso ou Paul Klee, artistes d’avant-garde, sont en quête de nouvelles formes artistiques offrant une alternative de ce qu’ils perçoivent comme « l’académisme desséché de la tradition occidentale. »

L’avènement de la critique esthétique instituée par l’art moderne amène à réévaluer la production des malades mentaux ainsi que l’appropriation de la notion « d’art aliéné ». Notion dont la complexité se renforce par les mouvements Expressionnistes et Dada. Deux médecins du monde germanophone vont jouer un rôle majeur dans cette réappropriation : Hans Prinzhorn et Walter Morgenthaler. Véritables influenceurs de la réception de l’art des aliénés, ils inspireront le concept d’art brut que Jean Dubuffetenvisagera par la suite.

Adolf Wölfli

Adolf Wölfli, patient déclaré schizophrène à 31 ans, est interné à l’hôpital psychiatrique de Waldau en Suisse où il y restera jusqu’à sa mort. Devenu dessinateur, écrivain, compositeur, collagiste et chanteur, ses œuvres passionnent par leur diversité et leur cohérence. L’étude de sa biographie prouve que la pathologie dote l’artiste d’une forte singularité dans son processus créatif.

Ses œuvres sont en général des compositions détaillées, quasi symétriques, soulignant un fort vocabulaire et des portées musicales. L’artiste introduit également des lettres, des mots ainsi que des petits motifs distincts. Il adopte la méthode de horror vacui signifiant que chaque espace de la feuille est remplie d’éléments figuratifs ou décoratifs qui se combinent pour former des compositions aux textures riches et aux lignes fluides. Présentant une foule de détails, l’œil n’aura jamais fini d’explorer totalement l’œuvre.

Les premiers dessins d’Adolf Wölfli sont en noir et blanc car il ne disposait de rien d’autre qu’un crayon à papier. Grâce à la vente modeste de certaines de ses illustrations, il obtient des crayons de couleur et réalise des œuvres flamboyantes. D’après les médecins, il écrivait et dessinait  » toute la journée « . Mais outre son obsession pour la création, il modifiait l’espace et s’appropriait son environnement en dessinant sur les murs de sa cellule. Il avait pour projet de la remplir entièrement afin d’habiter littéralement son univers.

PENDANT 35 ANNÉES PASSÉES EN HÔPITAL PSYCHIATRIQUE, IL A PRODUIT UN CORPUS ARTISTIQUE UNIQUE ET IMPRESSIONNANT

Aujourd’hui, seule une infime partie de ses œuvres est exposée au musée des Beaux Arts de Berne. Pendant 35 ans passés en hôpital psychiatrique, Adolf Wölfli a produit un corpus artistique unique et impressionnant. Il fait partie de ces artistes pensant à voix haute et exhalant toute trace de leur esprit. La moindre idée le traversant et aussitôt extériorisée, preuve d’une absence totale de manipulation ou d’anticipation quelconque mais reflétant une forte sincérité.

AUJOURD’HUI, SEULE UNE INFIME PARTIE DE SES ŒUVRES EST EXPOSÉE

La maladie mentale libèrerait alors quelque chose d’archaïque. Adolf Wölfli incarne les archétypes de l’inconscient collectif en décrivant les formes hallucinatoires surgies de son moi profond. En résulte alors une plus forte originalité grâce à son insouciance totale. Une originalité qui n’est pas synonyme d’imprécision ou de « travail bâclé » comme en témoignent ses riches compositions.

En plus de créer sans but commercial, Adolf Wölfli remet en question et nous permet de ne pas être dans la réponse immédiate. Grâce à lui, l’engouement et les réflexions autour de l’art brut existent de nos jours.

 Article rédigé pour Le Daily Geek Show

Rencontre avec Lor-K, la street artiste qui transforme les matelas abandonnés en sculptures culinaires

Les rues de la capitale se transforment progressivement en véritable dépotoir. Frigidaires par ci, matelas par là, de multiples objets encombrent l’espace public faisant le bonheur de certains ou attirant le dégoût des autres. Deux options s’offrent à nous : emporter l’objet ou continuer sa route. Pour Lor-K, la situation prend une toute autre tournure puisqu’elle métamorphose sur place l’encombrant pour en faire une sculpture de rue éphémère.

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8 métiers manuels insoupçonnés !

Community manager, développeur informatique ou encore analyste big data, ces fonctions sonnent creux dans la tête de nos grands-parents et dans celle des générations précédentes. Car les nouvelles technologies ont remplacé certains métiers, qu’en est-il des activités d’autrefois ? Tour d’horizon de 8 métiers manuels que vous ne soupçonnez pas ! Lire la suite « 8 métiers manuels insoupçonnés ! »

Data Quality : comment nettoyer les Bad Data ?

Le Big Data s’est développé grâce à l’essor du e-commerce et du marketing digital. Les entreprises, et notamment les services de Relation Client, ont ainsi de nombreuses données à traiter… y compris des Bad Data.

Selon une récente étude, le volume de données générées devrait ainsi être multiplié par 15 d’ici 2020, pour atteindre un niveau 50 fois plus important qu’en 2010. Parmi elles se cachent les Bad Data : des données fausses, incomplètes ou inexploitables. Le problème, c’est que des données de mauvaise qualité coûtent aux entreprises américaines la somme de 600 milliards de dollars par an. Comment s’y prendre pour nettoyer ses données, et passer au Smart Data ? Lire la suite « Data Quality : comment nettoyer les Bad Data ? »